ANNÉES 50…

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Quand j’étais petit, il n’y avait pas d’arabes, de noirs, de gays, de lesbiennes, de musulmans, de juifs, de cathos… « Juif » était évité; horreur des chambres à gaz, encore proches…On eût d’ailleurs été bien en peine de les distinguer, physiquement et nominativement. Il n’y avait que des copains, des copines. Donc des coquins et des coquines !

Les squares et les rues pétillaient de malice.. On jouait au docteur, au papa et à la maman . Obsession du sexe opposé. Le mot « pervers » nous était inconnu; vicieux, oui; avec son féminin bienvenu ( pour moi!), vicieuse .

Ces distractions ( distraere=sortir de soi), nous projetaient d’avantage vers l’autre que les consoles et les transformers! Les grands aussi étaient différents. Femmes en bas, jupes, en-chapeautées. Hommes en cravates, costumes et chaussures. Les « amerloques » nous envoyaient les chewing-gums, pas encore les jeans et les nike!

Bref,sortir c’était s’encanailler, paraître, jouer des regards et non pas, ridicule de la métaphore, « avoir des rapports sexuels »!

Nostalgie d’une époque, oui, mais sûrement pas regret banal de sa jeunesse. Désir bien plutôt d’éradiquer tout ce qui attriste aujourd’hui. « Attriste » au sens deleuzien de diminuer…

daniel Faivre